DORÉ : Pêcher la structure dans la structure!
Il y a quelques saisons, je me suis retrouvé avec un partenaire de pêche pour prospecter une grande structure immergée que je connaissais sur le bout de mes doigts. Le débit d’eau y était fort et les dorés s’avéraient particulièrement difficiles à localiser. Ils se tenaient sur un spot très restreint qu’il fallait absolument cibler avant même de mettre une ligne à l’eau. Les yeux fixés sur mon écran de sonar, j’ai mis le cap direct sur mon waypoint.
Rendu sur cette zone payante, j’ai dit à mon compagnon de laisser descendre sa jig. Pas dix secondes plus tard, il criait déjà qu’il tenait un beau doré! Pendant que j’attendais mon tour pour le filet, les captures se sont succédées à un rythme fou. Mon ami n’en croyait pas ses yeux de voir tant de poisson entassé sur une surface à peine plus grande qu’une table de pique-nique. Je lui ai alors expliqué le phénomène de la structure dans la structure: cette habitude qu’ont les beaux spécimens de choisir un relief micro-précis pour s’alimenter.
Un incontournable : le GPS
L’arrivée de la technologie GPS a complètement changé notre façon de traquer le doré en mode chirurgical. Autrefois, dénicher un tel micro-secteur relevait du casse-tête, et y revenir avec exactitude était encore plus ardu. On devait scruter les structures au sonar tout en s’alignant sur des repères visuels sur la rive pour trianguler notre position, ou laisser tomber une bouée marqueuse à l’eau.
De nos jours, tout a changé. Il suffit de détecter ce repère sous-marin une première fois, puis d’enregistrer ses coordonnées. À la sortie suivante, on navigue droit sur le waypoint. On est prêt à mouiller sa ligne en quelques secondes, éliminant le temps perdu à tourner en rond.
Pour les mordus, je suggère un appareil combinant sonar et GPS. L’écran partagé permet de suivre simultanément la trajectoire du bateau sur la carte bathymétrique d’un côté, et les échos du fond ainsi que le poisson de l’autre. Rappelez-vous toutefois que même muni des meilleures technologies électroniques, rien ne remplace l’analyse méthodique finale pour trouver le cœur de l’action.
Un sonar/GPS avec un écran combinant d’un côté une carte bathymétrique et de l’autre la profondeur et l’aspect du fond est l’idéal pour une pêche au doré chirurgicale.
Une stratégie de haute précision
À l’époque, trouver cette structure cachée demandait une patience d’ange. C’est souvent en faisant ce travail de moine de quadrillage qu’on réalisait que nos spots habituels recelaient des trésors insoupçonnés. J’ai moi-même navigué sur la structure mentionnée en introduction pendant plus d’une décennie avec des résultats ordinaires, jusqu’au jour où la chance m’a fait passer pile au-dessus de ce secteur miraculeux. Depuis, je passe chaque nouvelle structure sous-marine au peigne fin avant de conclure qu’elle n’en vaut pas la peine.
Aujourd’hui, la technologie vient à la rescousse. Au lieu d’effectuer de longs passages systématiques en dérive contrôlée, on peut utiliser des fonctions comme Quickdraw Contours de Garmin. Cette technologie permet de créer ou de préciser des cartes marines en direct. On passe rapidement sur l’ensemble de la zone avec la fonction activée, et l’appareil génère une carte ultra-précise. On obtient une vue d’ensemble des nombreux recoins pouvant représenter des structures propices dans la grande structure, ce qui permet de cibler directement les zones à haut potentiel.
L’application Quickdraw Contours de Garmin, permet de décortiquer rapidement les structures sous-marines et de cibler les secteurs qui semblent les plus prometteurs.
En lac : repérer le point chaud
En lac, il n’y a pas de courant, mais le vent et les vagues prennent le relais pour pousser la nourriture vers le relief. Contrairement aux rivières où le doré se met à l’abri du courant juste derrière l’obstacle, en lac, il s’installe généralement face au vent, là où l’eau frappe la structure.
Pour décortiquer une île sous-marine comme un pro, commencez par évaluer son envergure au sonar et lancez une bouée marqueuse à chaque bout. Si le plateau est immense, scindez-le en plusieurs blocs pour l’étudier section par section. Si vous possédez une application de cartographie en direct (Quickdraw), utilisez-la immédiatement pour trouver les sweet spots avant de pêcher.
Les bouées de marquage sont bien pratiques pour délimiter le contour d’une structure sous-marine.
Sans cette technologie, vous pouvez quand même vous servir de vos cartes marines pour repérer grossièrement les structures propices. Une fois sur la structure, employez la bonne vieille méthode du quadrillage en dérive contrôlée en marche arrière, avec le moteur à essence ou un moteur électrique de forte poussée. L’important est de garder votre dandinette bien à la verticale sous le bateau, en sentant le fond de façon continue pour que l’offrande se déplace naturellement.
Les cartes bathymétriques, même papier, sont d’une aide précieuse pour découvrir certaines structures propices et sauvent beaucoup de temps.
Si vous n’avez pas de carte bathymétrique comme point de départ, vous devrez vous déplacer en ayant un œil sur l’écran du sonar lors de vos déplacements. Si le fond remonte prenez-le temps d’analyser si l’endroit vaut une investigation plus poussée. Si oui et que vous avez la chance d’avoir l’application Quickdraw Contours utilisez-la. Sinon prenez la bonne vieille méthode du quadrillage pour découvrir les recoins cachés.
Méthode (à l’ancienne) pour décortiquer une structure sous-marine propice au doré.
Les dorés de lac bougent beaucoup et exploitent différents repères (talus rocheux, creux, herbiers, etc.) selon la clarté du ciel, le vent ou même la présence de la thermocline. Commencez par valider les spots exposés directement aux vagues. Si l’île sous-marine ne cache qu’un seul secteur d’intérêt majeur, les dorés s’y installeront probablement quand même, même si le vent souffle à contresens.
Le mot de la fin
Trouver une bonne structure à doré est relativement facile pour un pêcheur le moindrement expérimenté. On n’a qu’à penser aux bonnes vieilles pointes de roches, aux plages de sable, aux bordures de lignes d’herbe, aux zones de transition entre deux types de substrat, aux chenaux ou aux îlots sous-marins comme celui donné en exemple dans cet chronique.
Toutefois, trouver l’endroit idéal (le site qui possède le petit quelque chose de plus) dans une zone qui semble déjà propice pour le doré demeure beaucoup plus difficile. Mais la recherche et la découverte de ce genre d’endroit en valent vraiment la peine, et vous permettront de garder de précieux points de repères dans votre GPS qui seront souvent excellents d’une année à l’autre.
Bonne pêche!
L’auteur utilisant son sonar/GPS pour cibler une zone propice au doré dans une grande structure sous-marine.

